20 janvier 2008

Acheter un bateau : la délicate question des questions à se poser

Acheter un voilier d'occasion est une opération délicate. Sinon risquée côté investissement, l'aventure peut aussi prendre un tour compliqué lorsqu'il s'agit de comparer entre eux des voiliers d'occasion de plus de vingt ans d'âge, qui plus est quant on les souhaite équipés pour la grande croisière... Je pense qu'il doit être encore plus difficile de s'y retrouver lorsque l'on n'y connaît absolument rien. Fort heureusement, ce n'est pas tout à fait notre cas puisque Tom possède tout de même de bonnes bases. Voici quelle a été notre démarche, au cas où cela puisse être utile à d'autres investisseurs en herbe non tout à fait spécialistes.
En premier lieu, déterminer le budget. Plus précisément au delà du prix maximum que nous souhaitons mettre lors de la transaction, ne pas oublier de rajouter le prix des aménagements annexes et autres rénovations. Pour nous, la fourchette se situe entre 12000 et 15000 euros. En effet en dessous de notre prix minimum, nous avons vite constaté que les bateaux à disposition relevaient plus de la ruine que de l'embarcation navigable. Ou bien, il faut être prêt à tout refaire, ce qui ne nous est pas possible puisque nous nous sommes données 6 mois, achat et préparation du bateau comprise. Ensuite, déterminer la taille du bateau. Nous concernant, nous savons, au regard de notre projet, que nous ne pouvons descendre en dessous des 9 mètres. S'offre donc à nous une ribambelle de voiliers des années 70, parmis lesquels figurent en bonne place les Arpège, Folie Douce, First 30 et autres Brin de Folie...
Ensuite, deux stratégies sont possibles : soit voir un peu plus large sur le budget, disons, jusqu'à 20 000 euros, en comptant sur une négociation osée, soit on se cantonne à la tranche des 7500 € - 15000 € (tranche qui comprend vous vous en doutez beaucoup de déchets). Nous avons pratiqué les deux avec plus ou moins de bonheur, mais nous nous sommes tout de même aperçus que les estimations des vendeurs variaient considérablement. Parfois, le prix proposé est largement au-dessus du prix du marché pour l'état du voilier présenté, et là la négociation ne sert qu'à revenir à un prix correct, parfois le prix proposé est juste et finalement la négociation sera presque impossible en dessous d'une certaine marge. Même si nous décelons tout de même une tendance des particuliers à proposer un prix "affectif" (= élevé) pour leur bateau, les professionnels ne sont pas en reste pour partir sur des estimations douteuses.

En dehors des considérations de prix global, se pose ensuite un ensemble de questions dont la première est sans doute : quel type de coque ? Il existe sur la toile un nombre impressionnant de débats sur ce point dans les forums spécialisés. Nous aurions bien aimé une coque en acier ou en aluminium, pour la solidité et le côté aventureux, mais dans notre temps de recherche aucune bonne occasion ne s'est présentée. Nous nous sommes donc rabattus sur la bonne vieille coque polyester. TOUT LE MONDE vous dira de vérifier en tout premier lieu que celle-ci n'est pas OSMOSEE (cette vérification ne peut se faire qu'en sortant le bateau de l'eau, ce qui vous en coûtera, outre une centaine d'euros, une bonne séance de Kärcher / grattage et scrutage des petites cloques). Ensuite, vient la question de l'âge du moteur, de sa marque, de son nombre d'heures en marche, de la qualité des gréements (courants et dormants), de l'état des voiles, et de tout un ensemble d'équipements que nous avons à chaque fois considéré comme des valeurs ajoutées (pilote automatique ou non, sondeur, radar, BLU / Navtex, GPS, équipements de sécurité (balises satellite), panneaux solaires, et autres). Bien sûr, AUCUN des navires visités ne possède tout, dans notre prix. Ce serait trop facile. Il faut donc composer. Nous avons de fait réalisé une petite liste des points de vérification, liste que nous décidons d'emporter à chaque visite. Les vendeurs en général se plient avec patience à notre déroulage de questions. Ensuite, nous nous sommes bricolés, en annexe, une petite étude de marché maison avec le coût potentiel des différents équipements à installer.

1 Responses (Leave a Comment):

Tom a dit…

Trois autres points à considérer:

- La forme des varangues: une déformation indique un choque lié à un talonnage. Si comme nous, vous n'avez que quelques mois de préparation, passez votre chemin.
- L'état des boulons de quille.
- L'état des fixations au niveau des cadènes, de l'étai et du pataras.