10 mai 2008

Bestel l'Electricien, Kim, artiste de trompe-l'oeil

Non, nous ne sommes pas des esclavagistes. Seulement, quand on nous propose gentiment un coup de main pour les travaux, au stade où on en est (= dans le feu de devoir tout finir à temps pour un départ dans deux mois), eh bien on ne dit pas non. C'est ainsi qu'après ma grande sœur et son homme, ceux sont nos amis Kim et Nico (les futurs mariés) qui nous ont prêté main forte.
En ce dimanche ensoleillé, la répartition des tâches a été la suivante : Aude : finir la cuisine pour que l'évier soit prêt à poser, Tom : pose du radar (fixation sur le radôme, passage du fil dans le mât), Nico : repérage et identification des différents branchements électriques du circuit de Grégal, Kim : réalisation, selon une technique tout à fait innovante et non encore testée dans le grand public, d'un trompe-l'oeil de parquet non avec un marqueur noir, comme j'ai pu le voir sur Internet, mais avec un stylo à gouache blanc.
L'énergie positive de Kim et Nico nous a redonné la pêche. D'autant plus qu'eux non plus, en tant qu'équipe de renfort, ils n'ont pas chômé. Nico a d'ailleurs prouvé que son surnom mentait : en effet, "Bestel" (voir sur ce lien l'extrait sonore "Ça va pas être possible, c'est Bestel...") est le nom d'un gars qui a un mini-rôle dans la Cité de la Peur, film des Nuls. Ce type obscur fait apparemment n'importe quoi au niveau des branchements dans la célèbre scène du remake du détecteur de mensonges... Alors là pour le coup, notre Bestel, il a passé la journée plié en 4 dans la cabine du capitaine à rechercher les + et les - des divers éléments du circuit électrique du bateau. Et Dieu sait que ce n'était pas une mince affaire. Il y en avait, des chemins farfelus, des câbles n'allant nulle part, des sorties impossibles à trouver. Et il s'en est super bien sorti. Avec un poil plus de temps il aurait pu finaliser son schéma de tout le circuit. De son côté, Kim a testé la technique du "parquet bateau en trompe-l'oeil", ou "comment se faire une déco de voilier flambant neuf à moindre coût". Il vous faut : vos morceaux de plancher, un stylo-feutre à gouache blanc (type Posca), du vernis marin. Puis, il s'agit de tracer patiemment des traits blancs à intervalles réguliers pour simuler les lattes d'un parquet, de vernir de plusieurs couches pour fixer, et d'admirer le résultat bluffant (enfin, je trouve). Le soir, Tom et Nico ont pu brancher l'éolienne sur son régulateur. Et ça marche nickel.
Le lendemain, j'ai continué le trompe-l'oeil pendant que Tom démontait et vérifiait les cadènes. Hier, Kim évoquait à demi-mot le dos un peu vermoulu et les articulations des genoux qui tirent après une journée passée accroupie à tracer des lignes... Aujourd'hui, j'ai testé. Toute la journée. Le soir j'avais les jambes et les reins en compote. J'ai aussi poncé les planches restantes avec la vibrante. Après une heure, j'avais une parkinsonite dans tout le bras et des bourdonnements dans le cervelet. J'ai pensé à Nico. Avant de partir, j'ai jeté un oeil au 1 m² de couchette arrière dans lesquels Bestel, 1,85 m, avait passé sa journée de dimanche, dans les odeurs de peinture de cale que je passais en face dans la cuisine, par 27 degrés.

Alors Tom et moi, on vous dit, à vous camarades forçats qui avez eu le dos en compote, le nez dans la poussière, les genoux dans les dents et la tremblote dans les mains... : Un très grand MERCI !

Parce que maintenant, si on le réussit, ce voyage, on saura que c'est aussi grâce à vous :)