6 août 2008

Cassis ou la Provence chic

Nous avons quitté le Frioul en fin de matinée. Belle journée, vent de sud-est force 3 à 4. Juste le temps de faire quelques courses sur le coup des dix heures du matin. Un vrai régal. Du mouillage où nous nous trouvons sur l'île de Pomarede, le petit port du Frioul est à environ dix minutes de marche derrière la colline. Tom me dépose en annexe et je m'en vais cheminant sur les sentiers de cailloux blancs à travers la garrigue. Le paysage est non sans rappeler la Grèce lointaine, avec ses criques d'un bleu profond, ses collines pelées et ses roches calcaires immaculées. J'aperçois au détour d'un virage un vieux fort de type marocain et un tout petit phare perché sur son promontoire. L'air embaume le genêt.

Pour notre route vers l'ouest, nous devons remonter le vent par de grands bords plutôt au près serré. La mer est assez agitée et le ciel s'assombrit vite. Le coupe-vent n'est alors pas un luxe. Grégal se comporte dignement, et fend les flots sur une gîte modérée. Nous ne sommes que deux voiliers, qui, dans le coin, nous prenons à aller nez au vent. Tom, qui a l'esprit de compétition, s'improvise une mini-régate. Et en effet, nous parvenons grâce à un réglage des voiles très pointu ;) à dépasser l'autre voilier, pourtant plus gros. Un autre évènement vient ponctuer notre course. En quittant le Frioul, nous avions sorti notre fière canne à pêche de compétition avec au bout un tout petit rappala qui nous avait été laissé par l'ancien propriétaire. A peine dix minute plus tard, un poisson avait mordu ! C'est ainsi que nous avons pêche notre première prise : un beau maquereau (nous présumons, après identification sur planches) de 45 cm (mesuré au millimètre, s'il vous plaît). Nous l'avons religieusement enroulé dans un plastique et hop ! dans la glacière (ça tombait bien je venais d'acheter de la glace).

Après une vingtaine de milles, les prévisions météo se confirment avec un avis de grand frais pour le lendemain, et en tout cas un vent fraîchissant nettement dans la nuit. A l'issue de vaines tentatives de trouver une halte dans les calanques, où le mouillage forain est tout à fait prohibé, nous mettons le cap vers Cassis. Notre arrivée au port n'est pas des plus héroïques. Il faut dire que la technique de Tom -qui cela dit s'avère payante- est d'arriver discrètement "par la petite porte", sans s'annoncer à la VHF, et puis de se trouver fissa-fissa une petite place. Ensuite, l'étape suivante est plus délicate. Il s'agit d'aller à la capitainerie et d'annoncer la bouche en coeur qu'on vient d'arriver, qu'on se trouve au bout du ponton 10, et qu'on aimerait bien rester pour la nuit. Nul besoin de repréciser qu'au mois d'août, les ports sont bondés et que trouver une place sans la réserver bien en amont relève du prodige. Le responsable du port finit pas accepter notre intrusion et nous laisse séjourner à notre place, non sans nous sermonner sur notre attitude cavalière. Mais il a le sourire. Il n'empêche, au port de Cassis, si t'as pas une place à l'année ou un gros yacht de 50 pieds, tu passes pour le dernier des prolétaires.

Le soir nous cuisinons notre pêche du jour avec soin, pour lui faire honneur. Nous avons même droit en prime à un concert en live et gratuit de Manu Dibango juste sur le port, à 20 mètres de notre place. Tout aurait été merveilleux si un groupe de jeunes nantis de moins de 20 ans n'était pas arrivé à bord d'un énorme yacht (skippé par un concierge) et vienne se planter juste sur la place en face de nous, pile devant la scène. Après le concert, nous avons bien sûr eu droit à la techno de dernière génération sur sono 3000 watts, avec bien évidemment pas un type du port pour venir leur dire quoi que ce soit. Comprenez, c'est le père d'un des jeunes qui lui avait offert la soirée pour son anniversaire... Au petit matin, toutes les brebis sont rentrées au bercail et c'est le concierge qui est revenu, aidé par quelqu'un du port, pour déplacer le bateau. Fuyant cette triste illustration de la jeunesse Sarko, nous serons fiers demain de faire notre petite lessive à la main sur le ponton, bercés par le ronronnement de notre éolienne de routards :)



5 Responses:

Mariela a dit…

WOW!!!

SUPER!!! J'AIMERAI BIEN AVOIR DES VACANCES COMME VOUS!!

BONJOUR DU COSTA RICA!

Perrine a dit…

Waouh, quel roman que de lire vos post!!! Qui a dit qu'un an de dispo sur un bateau, c'était du repos? Soyez prudents les p'tits loups! Et bravo pour le maquereau, à en voir la photo, vous ne vous êtes vraiment pas moquez de lui! Bizz

Claire a dit…

Déja un maquereau et quel maquereau! La photo m'en donne l'eau à la bouche. Je sens que vous êtes en bonne voie pour la peche au gros.
Un concert en direct du bateau c'est trop COOOOOOOOOOOlllllllll!!!

marie-bé a dit…

He !!! C'est de mieux en mieux : régate et pêche au maquereau ! gros vent et lieu de rêve ! Mmh ! quel programme ! et chouettes photos ! A bientôt...à Porquerolles ? Biz. Marie-Bé

Esteban a dit…

Bienvenu à Marseille !

On beaucoup pensé à vous avec Lo et Mick.
Vous devez maintenant faire route pour Corsica avec des nouveaux équipiers.
La décoratrice pourra ce lancer dans les finitions et l’électricien faire les derniers contrôles techniques (Oui, j’ai tout lu)

Bravo pour la technique de vieux loup de mer à cassis.
Ils n’ont pas l’habitude de voir des bateaux prendre le large la bas ;)

Marseille vous regrette déjà

David