27 août 2008

Isola Budelli ou les boats people

L’archipel des îles de la Maddalena offre un nombre généreux de petits mouillages bien sympathiques, propices à l’observation des roches rouges et pelées contrastant avec les eaux turquoises des plages. Après concertation avec nos invités, nous décidons que papillonner au gré des îles, dans relativement petite surface géographique, était le choix le plus judicieux, puisque nous avions la chance d’être en bateau.

Nous lisons dans le Lonely Planet que l’île Budelli (au nord de la Maddalena) renferme une spectaculaire « plage rose » (Cala Rosa), mais protégée, ce qui ne nous permettra pas d’aller y faire un plongeon. Le mouillage sur la côte est de l’île Budelli, au nord de la Cala Rosa, s’avère particulièrement idyllique, avec un petit lagon où l’eau est par endroit couleur Caraïbes, ce qui fait vite oublier les hauts fonds quelques mètres plus haut sur le passage dit « de l’Homme mort » (fond à 1,6 m) auquel bien sûr nous n’irons pas nous frotter, avec nos 1,82 m de tirant d’eau. Là aussi des corps-morts sont à disposition des plaisanciers, mais nous n’osons pas nous attribuer une bouée, ne sachant si elles sont réservées ou non. Le soir la mer plate scintille à la lumière des bateaux au mouillage, dans une paix singulière.

Nous constatons à regrets dès le petit matin que ce répit était de courte durée. Voilà que recommence, plus intense que jamais, l’incessant va-et-vient des bateaux italiens de tourisme (« promènes-couillons » pour les mauvaises langues, mais Elvire m’assure que c’est somme toute très bien pour qui n’a pas la chance de posséder un petit voilier). Contrairement aux Îles Lavezzi (qui sont reliées à la Corse) où circulaient des petites navettes transportant une quinzaine de personnes, les italiens optent pour la rentabilité en entassant tout bonnement des dizaines et des dizaines de passagers, qui dépassent et débordent en tous sens des bateaux (souvent de vieux chalutiers remasterisés en traversiers touristiques), massés sur les toits, ponts et arrière-ponts, assis les jambes dans le vide… L’image des boat-people s’impose à nos yeux perplexes. Ils passent cette fois à moins de deux mètres de Grégal, nous transformant pour l’occasion en vedettes d’un zoo à ciel ouvert. Curieuse impression que de voir ces centaines de paires d’yeux braquées sur vous, qui vous trouvez par ailleurs en maillot de bain sur le pont, comme si vous faisiez partie du paysage. A ceci s’ajoute une mer de petits bateaux à moteur qui viennent sur masser sur les eaux turquoises du passage de l’Homme Mort, lui donnant des allures de périphérique parisien aux heures de pointe. Mais ne soyons pas amers car les photos ci-jointes attestent tout de même de la beauté du site (soit dit en passant, la fameuse Cala Rosa n’est pas si rose que ça, mais je soupçonne que ce mythe a été échafaudé pour justifier les massifs déversements de touristes sur l’île).

2 Responses:

c0rle0ne a dit…

fichtre! maudit promène couillon :)

mais bon celà est vrai qu'ils sont quand meme utile

Mick a dit…

C'est clair, on a beau dire, je suis sur qu'on est tous monté au moins une fois dans un de ces "promène couillons" :)