12 août 2008

La fête du Thon

La soirée d’hier au port de Calvi n’a pas été triste, surtout pour Nico qui s’est attelé au découpage du thon à la nuit tombée sur le ponton à la frontale ! Aujourd’hui, nous avons navigué le long de la côte jusqu’au golfe de Galeria, un peu plus au sud. Une petite anse, certes pas très typique mais accueillante, nous a gracieusement offert son mouillage. Cette halte a été l’occasion de nous lancer dans la cuisine du thon sous tous les angles : il fallait bien leur faire honneur, à ces dix kilos de poisson !

Kim avait assuré toute l’après-midi le découpage des darnes et arrivés au mouillage, nous avions eu le temps d’établir un plan d’attaque. La veille, les morceaux les plus beaux, à savoir trois généreuses darnes, avaient été dégustés en avant-première, juste frits à la poêle, pour nous récompenser de nos efforts de navigateurs transcontinentaux. Ce soir, le reste de thon frais sera religieusement associé à la confection de sushis. Je voue depuis plusieurs années maintenant un culte à la consommation de sushis, que, afin d’en maximiser le rapport qualité-prix, j’ai appris à préparer moi-même. J’ai de fait emporté sur Grégal tout le nécessaire à ce petit rituel que Tom et moi prendrons plaisir à réitérer dès qu’un ravitaillement en poisson frais sera possible : riz japonais, vinaigre de riz, natte à makis, sauce soja, wasabi et gingembre mariné (gari).

Pour le reste de l’équipage qui n’est pas aussi fan de poisson cru, nous avons sélectionné une recette dans un petit livre bien utile qui nous a gracieusement été prêté par Kim et qui figure à bonne place dans la bibliothèque de bord : « La table du marin » de Jean-Michel Girard (éd. Les Presses du Languedoc), à savoir, la recette de la « Charmoûla ». Cette recette était jadis utilisée par les pèlerins qui voyageaient jusqu’à la Mecque pour conserver le poisson, ou toute autre denrée d’ailleurs j’imagine. D’après l’auteur, « l’intérêt de ce plat, sans parler de sa qualité gustative, est qu’il se conserve longtemps au froid (facilement dix jours) et deux jours au moins à température ambiante ». Nous avons testé et effectivement, le plat préparé a été gardé trois jours dans notre glacière sans glace ! (Et oui, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Grégal ne possède pas de frigo ! Choix énergétique et pratique, dirons-nous, car un frigo est un gros wattophage). Voici le principe : faire mariner une heure les morceaux de poisson dans une marinade d’huile d’olive, additionnée de cumin et d’harissa (nous, nous n’avions pas d’harissa, mais un bon piment en poudre a très bien fait l’affaire), puis faire frire le poisson dans une poêle, le réserver, faire rissoler dans la même poêle une grande quantité d’oignons en lamelles, quand ils sont blonds rajouter des épices (4 épices pour nous, puis poivre et cannelle) et saler bien, ajouter un demi verre de vinaigre (pour nous, du balsamique), trois cuillères à soupe de miel et 100 grammes de raisins secs, faire réduire la sauce à feux doux et enfin ajouter le poisson (nous, on l’a ajouté avec sa marinade). C’est délicieux chaud comme froid.

Galvanisés par notre réussite culinaire, nous avons même tenté la confection d’un pain grâce au four de Grégal qui s’est avéré excellent lui aussi !

1 Responses (Leave a Comment):

c0rle0ne a dit…

mmmmmm les sushis au thon rouge!!!!!!!! mes préféré!!!!!