14 août 2008

"Port Girolata"


Exaspéré par la nuit trop agitée du mouillage de Focolara qui ne lui a permis de dormir que quelques heures, Tom nous éveille avec le bruit du moteur de Grégal et, par un déploiement d’énergie matinal conséquent, relève l’ancre seul, et dans la foulée, hisse les voiles. Au saut du lit, nous n’avons plus qu’à nous débrouiller à préparer un café une fois en mer. Décidément, je préfère de loin déjeuner à l’arrêt !

Partis assez tôt, nous arrivons à Girolata en fin de matinée. Les petites maisons de pierre perchées au sommet des collines commencent à se dessiner. J’ai hâte de voir à quoi ressemble Girolata (prononcer « Girolat’ », à la Corse, en faisant claquer la dernière syllabe avec un « t » sonore) car Tom m’en a souvent parlé. C’est parait-il un petit mouillage idyllique, niché au fond d’un petit golfe, et accessible uniquement par la mer. Nous nous attendons cependant à voir plusieurs bateaux au mouillage, haute saison oblige. Ce à quoi nous ne nous attendons pas, en revanche, c’est de nous voir accueillis par un monsieur juché sur un zodiac gris, arborant un t-shirt « Port Girolata », qui, à coup de blagues cordiales (« C’est normal si votre hélice tourne dans les airs ? »), nous explique qu’il va nous placer sur les corps-morts « du port ». « C’est la troisième saison monsieur qu’on fonctionne comme cela », réplique-t-il avec le sourire quand Tom s’étonne de ces nouveaux aménagements. « Nous menons également une politique de tri sélectif des déchets, voici un sac biodégradable que vous voudrez bien utiliser pour vos fermentescibles et le déposer dans notre local à compost ». Kim, qui avec ses longs cheveux et ses yeux bleus sait être plus diplomate, apprendra plus tard du même homme que c’est là une initiative communale pour maîtriser la fréquentation du golfe et profiter des retombées du tourisme. Les employés du port font en effet partie des dix habitants locaux qui résident à l’année à Girolata.

Somme toute, sans avoir vu le coin dans ses atours sauvages, je le trouve plutôt bien aménagé. Les restaurants et boutiques sont installés dans de jolis petits bungalows en bois, ornés de fleurs, chaises peintes de couleurs vives, mobiles réalisés en éléments naturels, portails en bois flotté. Bien sûr, le kilo de tomates est à 5 euros, bien sûr, la petite monnaie n’est pas acceptée de bon cœur « car il faut l’évacuer par hélicoptère, comme tout le reste », mais l’endroit a un charme certain. Un petit chemin dans la colline mène à une minuscule crique où l’on peut se baigner dans l’eau claire, si l’on ne craint pas la présence toute proche des dizaines de voiliers du port. Le soir, nous allons festoyer dans un restaurant un peu en hauteur dans le village, où tout ce que nous mangeons (salade de crudités, pennes au ragoût de sanglier, glace à la châtaigne et fondant au chocolat) prend un goût délicieux. C’est fou comme tout se qui se consomme en mer ou à terre après la navigation nous semble merveilleux : même un plat de pâtes au fromage nous délecte avec ravissement. Un peu comme un bon casse-croûte au milieu d’une randonnée en montagne…

Un avis de grand frais est prévu jusqu’à samedi. Nous prenons la météo avec attention car Kim et Nico doivent être à Ajaccio dimanche soir pour prendre leur ferry.

1 Responses (Leave a Comment):

c0rle0ne a dit…

Bien ca s appellera porto girolat!
chapo!

Torai du hisser ton pavillon de pirate Tom :) hihi
en plus avec bestel et sa barbe ca aurait été crédible :)