8 septembre 2008

Quittant Asinara

Nous avons quitté Asinara vers 14 heures. Nous sommes encore sous le choc car notre petite Baïa n’a pas survécu à sa maladie… Nous essayons de nous concentrer sur la navigation pour ne pas broyer du noir. La météo nous offre une fenêtre de vent d’est- nord-est qui devrait nous pousser vers les Baléares. Le temps de reprendre un fichier météo sur trois jours grâce à l’Iridium couplé au logiciel Ugrib, nous voilà en route. Le paysage autour de la pointe ouest de la Sardaigne, sous l’île d’Asinara, est réellement magnifique. On y trouve des petites falaises plongeant dans la mer, avec sur leur flanc des vertes prairies où paissent des bovins, et des amas rocheux. Ce petit air d’Ecosse est uniquement contrarié par l’eau turquoise du lagon, qui s’étire sur 300 mètres à une profondeur inférieure à 3 mètres sur fond de sable clair, d’où la transparence de l’eau. La pointe ouest de la Sardaigne forme une baie en arc de cercle, ouverte sur l’est, et pour en sortir, il faut emprunter un passage étroit, à fonds peu profonds, dit « Passage de Fornelli ». Aidés par un guide de navigation qui nous fournit les alignements (le principe : aligner le cap du bateau sur un point du paysage : tourelle, balise…, pour suivre une route qui passe là où les fonds sont les plus favorables) nous sortons de la passe sans problème. Dehors, la mer est houleuse et le vent forcit un peu. Nous suivons un cap légèrement nord-est pour pouvoir naviguer sur une allure dite « de grand largue » (NB : en navigation, une « allure » ne concerne pas la vitesse, mais désigne l’angle que fait l’axe du bateau avec le vent). En navigant par « vent de travers », on reçoit littéralement le vent perpendiculairement au bateau, ce qui est relativement aisé à tenir et confortable. Quand on avance face au vent, on parle d’allure « de près ». Lorsque l’on avance avec le vent derrière nous, poussés donc par le vent, on parle d’une allure de « vent arrière ». C’est une allure délicate qui nécessite de maîtriser les techniques du Spi ou des voiles « en ciseaux ». Le « grand largue se situe entre le vent arrière et le vent de travers.

Il fait assez frais et nous sommes régulièrement arrosés par de petites vagues soulevées à l’étrave du bateau. Nous continuons ainsi sur une trentaine de milles. Lorsque le soir arrive, nous constatons que nous sommes remontés un peu trop par rapport à notre destination, l’île de Minorque, et qu’il va falloir prendre un cap plus au sud, toujours au grand largue, mais en prenant le vent cette fois du côté tribord du bateau (on dit « tribord amures »). En parallèle, j’ai préparé nos affaires pour la nuit qui arrive : pulls en laine, cirés, pantalons de cirés, gilets de sauvetage, lampe frontale étanche, et les « bananes de quart », des bananes rouges étanches qui contiennent des lampes flash dont le clignotement est visible à plus de 1 mille et une « mini-trump », sorte de gros sifflet sonore.

2 Responses:

Elvire a dit…

Bonjour les voyageurs !
Ca fait du bien d'avoir de vos nouvelles. On va devenir accros à vos posts, nous pauvres sédentaires rivés à nos écrans. Merci de nous faire partager votre rêve !!!
J'ai l'impression de vous avoir quitté hier, sur ce petit port de Palau. Le temps passe tellement vite... Heureusement que cette semaine passée ensemble nous a laissé de quoi nourrir notre imagination à la lecture de vos récits, et approvisionner en souvenirs les jours d'hivers à venir.
C'était vraiment magique...
Merci encore votre acceuil.
Bon vent petite soeur...et gros bizz au Tom des mers du sud !
Elvire

c0rle0ne a dit…

Merci pour le pti rappel sur les allures :)
J'aurais bien aimé voir une foto de vous avec votre attirail de nuit :)