4 décembre 2008

Cap Vert : un point sur l’avitaillement

Mindelo-la-douce, avec son soleil, ses façades colorées et ses petits concerts nous aura laissé un goût de reviens-y, tout comme le reste de l’archipel du Cap Vert d’ailleurs, qui est un petit bijou d’authenticité, de musique, de culture et de nature.

• Entretien du bateau

Lorsque l’on quitte les Canaries pour le Cap Vert, le réflexe est de se conformer à ce que l’on entend, à savoir, qu’il faut réaliser le plus gros de l’avitaillement et tout l’entretien-réparation du bateau aux Canaries avant de rejoindre le Cap Vert. Cela n’est pas faux, en partie. Pour la nourriture, nous avons été plutôt rassurés par notre bon vieux guide Imray Atlantic Islands qui précisait que Mindelo était la ville du Cap Vert qui proposait le plus de supermarchés. Pour le bateau, quelques services de réparation sont également disponibles auprès de l’entreprise « BoatCV », pilotée par un allemand très compétent installé depuis des années à Mindelo, Kai Brossmann, qui dirige sa petite affaire qui a l’air d’un Navibois version Cap Vert, en plus réduit et le chantier en moins, mais il semble que ce soit l’endroit de l’archipel où l’on trouve le plus de services pour la réparation et l’entretien des voiliers. L’homme dispose de plus d’un staff formé qui peut se charger de diverses interventions. Il pourra vous venir en aide pour la plupart des petites réparations, allant de la réparation de systèmes électroniques (pilotes…), de voiles, au sertissage de certains types de haubans, avec possibilité de commander des pièces à l’étranger si nécessaire. Sa petite boutique de shipchandler jouxte les bureaux de la marina, car M.Brossmann est aussi le propriétaire de la Marina Mindelo, inaugurée en juin 2008 avec ses nouveaux pontons tous neufs qui peuvent accueillir désormais plus d’une centaine de bateaux jusqu’à 40 mètres. Malgré ce, il est toujours préférable de boucler le gros des travaux à Las Palmas ou ailleurs aux Canaries où l’on pourra tout trouver.

• Avitaillement aux supermarchés

Pour l’avitaillement, Mindelo dispose de plusieurs petits supermarchés sur le bord de mer ou en ville, selon cette répartition miraculeuse qui ignore tout des règles de la concurrence à l’européenne. Ici, il ne semble pas y avoir d’étude de marché préalable à l’implantation d’un établissement : on peut donc trouver deux supermarchés proposant rigoureusement la même chose à moins de 30 mètres de distance. Je me dis que les cap verdiens, dans leur sagesse, s’en remettent à la fatalité : « si un client passe chez mon concurrent en face, un autre passera bien chez moi aussi ». Ces supermarchés proposent une palette très variée de produits, mais à des prix un peu plus élevés qu’aux Canaries. D’autre part, certaines denrées sont si chères, ou introuvables, qu’il vaut mieux s’en être procuré un stock avant.
Exemple de ce que l’on ne trouve pas, ou très difficilement (enfin, que nous n’avons pas trouvé en écumant les divers magasins de la ville) :
- des céréales type flocons d’avoine ou muesli (ici, c’est céréales Nestlé ou rien)
- des anchois en boîte
- des barres de céréales type « Grany » (on trouve plusieurs sortes de biscuits en revanche mais surtout des « digestives » étouffe-chrétien.
- des conserves de plats préparés (type couscous…), qui sont d’ailleurs aussi dures à trouver aux Canaries (à Mindelo on trouve du thon, des fruits au sirop et quelques légumes en conserve mais rarement au-delà)
- du Nutella vrai-de-vrai (on trouve par contre des pâtes à tartiner d’autres marques)
- de la farine de blé complète (T.150 ou semi-complète) : par contre, on trouve de la farine blanche emballée « à la locale », c'est-à-dire dans des sachets plastiques transparents d’1 Kg, sans étiquette de prix dessus (comme d’ailleurs pour le sucre ou le sel)
- shampoings de marques européennes, produits de beauté en général sont assez chers

Autres denrées à prix rédhibitoires au Cap Vert : les alcools de marques internationales, hors vins et apéritifs locaux qui sont très abordables (dont le célèbre « Grogue », ce rhum local excellent que l’on peut aussi acheter sur l’île de Santo Antao à des petits producteurs entre 400 et 600 escudos le litre). J’ai par exemple aperçu du whisky ou du Martini à des prix exhorbitants, ou encore une bouteille de blanc-piquette de France à plus de 11 euros…). Par contre, la bière locale, la Strela, est peu chère et très correcte en goût. De toutes façons, l’Espagne reste le meilleur endroit pour se faire une petite cave de bord, on y trouve de tout et même du Pastis (tom : moins cher que chez nous) !


• Avitaillement en produits frais

Pour les produits frais, on trouve un très petit choix dans les supermarchés mais les 4/5e des locaux achètent leurs fruits et légumes au Mercado de l’avenue centrale. Au marché, un conseil : j’ai essayé plusieurs techniques d’achat et toutes ne se valent pas ! La première était mauvaise : elle consistait à me pointer au premier stand venu qui offrait tout ce que je recherchais et d’acheter un gros plein à la même dame qui se fait alors un plaisir de me servir tout en fixant librement ses prix à ma gentille tête de touriste, provoquant par la même occasion la fureur des autres vendeuses qui n’avaient rien pu me vendre. La deuxième technique était la bonne : d’abord, réviser son Crioulo grâce au site mindelo.info, puis se promener à travers les échoppes, repérer la fraîcheur des produits, et demander à chaque vendeuse, en créole, le prix au kilo (ê tonte pa un kilo ? c’est combien pour 1 kg ?). Vous verrez, c’est magique, dès le deuxième étal les prix d’un même produit auront perdu 20 escudos !
Ce que l’on ne trouve pas au marché :
- des fruits secs (amandes, pruneaux, cajou) mais on trouve des dattes
- des courgettes

Ce que l’on trouve :
- des tomates (excellentes et qui se conservent bien 10 jours sans frigo)
- des aubergines : attention, ici pas trop de pesticides, c’est presque bio et du coup, les aubergines, qui sont petites et charnues, ont parfois des petits trous bien visibles : c’est immanquablement le signe de la présence de gros vers blancs peu ragoûtants à l’intérieur
- des carottes
- de la courge (type « butternut »)
- de l’igname
- des haricots secs (plusieurs variétés)
- des bananes vertes en régime ou des mûres (« maduras »)
- du chou non frisé
- des pommes : excellentes, rouges, importées du Portugal donc un peu chères
- des poires : idem pommes
- des kiwis
- des goyaves
- des papayes
- des oranges : type « Europe », orange bien vif et grosses, mais plus chères que les oranges locales, petites et un peu vertes, bourrées de pépin mais délicieusement acidulées, et surtout 3 fois moins chères
- des patates douces
- des pommes de terre classiques
- de l’ail, des oignons
- des citrons et citrons verts excellents
- des herbes fraîches aromatiques (persil, coriandre, thym…)
- des petits piments frais ou séchés, parfaits dans de l’huile d’olive pour se concocter une huile pour pizzas maison
- des confitures « fabrication artisanale » qui sont un délice : il ne faut pas être rebuté par le côté « mis en pot en verre de récup’ et fermé par un couvercle avec de l’aluminium » : elles sont exquises, surtout la « Doce de papaia », confiture de papayes confites en lamelles, un vrai régal sur des crêpes ! (comme on peut en déguster au Clube Nautico)

Pour les œufs, j’ai acheté avant la traversée 4 douzaines à la petite boutique d’une dame qui ne vend que ça au marché (en entrant, aller à droite au rez-de-chaussée et c’est au fond, un échoppe sur la droite avant le boucher). C’est 17 escudos l’unité (moins de 20 centimes d’euros), mais elle vous les propose soit sur des palettes en carton, soit dans un sac en plastique. Depuis les Canaries, j’avais accumulé les boîtes d’œufs (qui m’ont aussi servi au souk d’Essaouira où ils n’ont pas non plus de boîtes) et j’ai été bien contente de les avoir emportées pour ce gros plein ! (NB : update après 14 jours de transat’ : mes œufs sont impecs, car je les avais enrobés de paraffine fondue (achetée en pain en France en grand magasin rayon casseroles et ustensiles pour confitures) pour éviter l’évaporation de leur eau qui les fait gâter plus vite. En revanche, bien penser à tourner les boîtes d’œufs tous les 5 jours sinon le jaune vient se coller au fond et cela ne garantit plus guère la fraîcheur).

Pour le beurre : on trouve dans les supermarchés le fameux beurre hollandais en conserve, qui est au même prix qu’aux Canaries (mais ils n’en ont pas 50 pots non plus, donc faire un stock avant si on en veut beaucoup).

Pour le fromage : ici, c’est une denrée ultra-rare. On ne trouve au marché que des petits fromages de chèvre ronds, semi-frais, en apparence très appétissants mais qui à mon grand regret se sont avérés caoutchouteux et faibles en goût. Sinon, au supermarché à droite du Clube Nautico, il y a un mini rayon « frais » où l’on peut acheter du gouda à la coupe, qui est excellent et se conserve très bien. Mon seul regret, ne pas avoir fait, en France, une provision de fromages (notamment de chèvres secs type picodons) qui se conservent merveilleusement plusieurs mois si on les met dans des bocaux de verre, recouverts d’huile d’olive (on peut aussi ajouter des herbes de Provence).

Enfin, introuvable au Cap Vert : un bon vieux cuissot de jambon cru !

• L’eau douce et l’eau minérale

Pour l’eau minérale, on en trouve facilement dans les supermarchés en bouteilles de 1,5 litres ou de 5 litres. Pour l’eau douce, au port, on peut demander à prendre de l’eau au ponton, ce qui vous en coûtera 2 escudos le litre. Un jeune employé vient vous installer un compteur d’eau et le récupère quelques heures maximum après (il explique à ce propos qu’ils n’ont que 7 compteurs pour toute la marina). Si on lui demande si on peut boire cette eau, il répond « minéral water is safer ! », mais nous en transat’ on a utilisé l’eau des bidons remplis à Mindelo avec un peu de Micropur dedans pour la cuisson des pâtes, le riz, le café… et on n’a pas encore été malades !

• Le gasoil et le gaz

Pour l’essence et le gaz : le gasoil est plus intéressant à acheter aux Canaries 80 centimes d’euros le litre environ contre environ 1 euro le litre au Cap Vert). Le gaz, en revanche, est bien meilleur marché au Cap Vert (moins de 4 euros la bouteille moyenne de Butagaz pour réchaud). On trouve l’essence et le gaz à la petite station Shell sur le front de mer, juste à côté de la Tour de Bélem (le marché au poisson). Si on n’a pas de jerrycans à remplir, il faut par contre aller au port de commerce en face pour remplir les réservoirs.