21 février 2009

Tobago Cays, Jour 1 : Le ravissement à votre porte

Oui, les Tobago Cays (prononcer comme "keys" [kiz]) sont LE spot incontournable des Grenadines, voire peut-être même de toutes les Antilles. Oui, aux Tobago Cays se cotoient des dizaines et des dizaines de bateaux au mouillage, et oui, comparé à d'autres petites îles tranquilles, on frôle ici la surpopulation. Cependant, cette fréquentation enlève-t-elle au charme des lieux ? Pourrait-on passer à côté sous prétexte de s'en aller chercher ailleurs des plaisirs plus authentiques ? Sans hésiter je vous réponds : non, car malgré l'engouement dont elles font l'objet, les Tobago Cays sont un endroit tout simplement extraordinaire, où l'on vous sert, sur un plateau, du ravissement à chaque heure du jour, sur le pas de votre porte.

Nous étions arrivés la veille dans la grisaille et le vent, et ce jour là peu de bateaux s'étaient semble-t-il risqués à zigzaguer entre les patates de corail et les récifs pour aller mouiller leur ancre aux Tobago. On a donc eu le choix pour nous installer, pile sur le bord du petit chenal entre Petit Rameau et Petit Bateau. Cela dit malgré la météo un peu maussade, l'eau limpide et turquoise nous offrait une vue implacable sur le fond. Le lendemain matin, c'est avec les rayons du soleil que nous avons ouvert les yeux. On a mis Mika dans le jukebox, parce que c'était de loin ce qu'on avait de plus guilleret et de plus pêchu dans nos playlists. Il fallait bien fêter notre arrivée dans ces lieux mythiques dont on avait si souvent entendu parler dans les récits de plaisanciers hauturiers ! Puis on est sortis sur le pont, avec notre tasse de café à la main. Baignées dans la lumière matinale, les deux petites îles désertes nous tendaient les bras, avec leurs plages de sable blanc et poudreux, leurs palmiers se balançant dans la brise et leurs eaux cristallines d'un bleu piscine. On a beaucoup entendu parler des "Boat boys" des Tobagos, ces sympathiques locaux qui sillonnent les atolls à bord de leurs barcasses à gros moteurs, en proposant aux touristes du pain, des fruits, des t-shirts, du poisson ou des langoustes. On les a trouvé très tranquilles, pas du tout intrusifs, et même de bonne compagnie, avec leurs look rasta et leur sourire ultra-bright. On s'est jetés à l'eau : ça nous démangeait trop. Puis on est allés se promener en face, sur l'île de Petit Bateau, où des mamas vendent des t-shirts colorés aux slogans évocateurs "Sail fast, Live Slow" ou "Sail more, Work Less". Malgré le balai incessant des navettes pour touristes, on a été charmés par l'endroit. Finalement bien préservé, même, avec pas un papier qui traîne. Un tour de force quand on sait les millions de personnes qui foulent ces plages à l'année... De l'autre côté de Petit Bateau, il y a un joli spot de snorkelling avec un récif chargé de coraux. On avait déjà eu l'occasion d'observer de forts jolis fonds carribéens, comme à Sandy Island (Carriacou), mais cette fois, c'est le nombre de poissons qui vous coupe le souffle : c'est disproportionné. Des myriades de poissons multicolores, en bancs, de toutes les tailles, furetent dans le corail en ne se souciant nullement de votre présence. Un spectacle merveilleux, qui vous laisse sans voix, dans une eau claire comme de l'eau de roche, à 29°, et par 2 mètres de fond qui plus est. Un vrai cadeau de Noël.

Un de nos amis boys boat nous avait proposé des langoustes, le matin. Ils les avaient brandies, énormes, et quand on lui avait demandé le prix, il avait fait une moue en répondant, comme une excuse "Cher". Remarquez, l'avantage quand on a un petit bateau un peu rétro comme Grégal, qui ne paye pas de mine, les vendeurs sont tout de suite plus compréhensifs. On en était restés là, rêveurs, et il était reparti. Quelques heures de réflexion plus tard, on s'est lancés : après tout, 30 euros la langouste d'un kilo, on peu bien se l'offrir, même si ça fait très "tour operator". Notre vendeur nous a donné rendez-vous sur la plage en fin d'après-midi, à l'endroit où il passe les malheureuses au barbecue. On a juste eu le temps de préparer une mayo maison, des légumes pour accompagner, une bonne bouteille de vin et un nécessaire à ti-punch et à 17 heures 30 on était installés sur une grosse table de pic-nic en bois, et notre cuistot nous apportait la bête, rôtie et juteuse à souhait. Une tuerie. On en a mangé jusqu'à la dernière miette, dépiotant les pinces et les pattes avec minutie, en regardant le coucher de soleil derrière les palmiers. Tant pis pour le cliché touriste, hein ? On a même sympathisé avec un groupe de français embarqués sur un gros catamaran pour la semaine. Pour une première journée, ça commençait rudement bien.

5 Responses:

Claire a dit…

C'est la belle vie, la vraie!!!!
On ressent le rythme et les couleurs des Antilles. Et ce bleu!!!!
29°, 2 m de fond, des bancs de poissons : j'espère que la vie n'est pas trop dure:)))
Vous avez super bonne mine devant les langoustes du jour, c'est OUIZZZ!

Perrine a dit…

Ravie d'avoir de vos news à nouveau.... malgré ce planning de ouf que vous avez, LOL!
Toutes ces couleurs et vos récits font vraiment rêver!
Franchement, vous avez eu raison de ne pas résister à l'appel de la langouste! A +

Gene a dit…

Ce 4 mats, il est splendide : l'avez-vous approché ?
Toutes vos photos sont splendides , d'ailleurs; je m'amuse à réaliser un album avec celles des Antilles, en mentionnant le nom de chaque île, et j'ai tiré une grande carte pour me repérer !

La langouste, elle ne devait pas avoir le même gôut que celle qu'on achète au poissonnie ??...hmmm veinards, on vit qu'un fois, vous avez bien fait !!!

Marie Bé a dit…

Mais c'est une tuerie des photos pareilles !! Trop beau !!

Aude a dit…

Mommy, tu me la montreras ta carte avec les photos des Antilles, ça m'intéresse ! De notre côté, on va essayer d'en poster une pour montrer notre cheminement (c'est vrai que c'est mieux pour se repérer).