3 avril 2009

0ù l'équipage du Grégal se retrouve là où il était hier...

... Et où, malheureusement, tout cela n'est pas une farce de la 4e dimension !
Récapitulons : hier, départ 11h de Bequia, petit vent, on avance régulièrement mais sans prouesses, on utilise même le moteur 45 minutes sous le vent de Saint Vincent, pétole oblige. Tom est un peu inquiet car on n'a encore jamais eu l'occasion de le faire réellement tourner, ce moteur. Il inspecte le tout, et trouve ainsi de l'huile visqueuse au fond de la cale moteur... Etrange... Il en trouve 1,5 litres. Je lui dis que c'est sans doute des restes du remontage mais il persiste : l'intuition du capitaine. Il vérifie le niveau : on est presque à sec. Il verse 1 litre de plus dans le réservoir et là, la vision d'horreur : on voit l'huile qui s'écoule goutte à goutte sous le carter ! En 30 minutes, le carter est vidé. On prie pour ne pas avoir serré le moteur mais le buzzer n'a pas sonné pendant qu'il était en marche, heureusement.

Il faut prendre un décision, et vite : on est au nord de l'île de Saint Vincent, et on a fait environ 50 milles. Bequia n'est pas si loin, mais on craint que Fixman ne nous trouve pas de solution à part de sortir le moteur... On l'appelle avec le téléphone satellite : il comprend vite le souci et nous dit qu'il pense pouvoir réparer le carter en le soudant sans sortir le moteur. On hésite longuement : doit-on filer tout droit à la Guadeloupe et faire faire la réparation là-bas par un garage spécialisé ou doit-on retourner, avec la maigre certitude qu'on pourra arranger ça ? La perspective d'arriver au mouillage dans la passe de Pointe-à-Pitre, délicate et truffée de bouées et de chenals de circulation, ne nous réjouit guère. Tom opte pour le retour sur Bequia.

Il est 17h30. On est fourbus et démoralisés. On y croyait vraiment à ce départ, enfin ! Le retour à la case départ se fait de nuit, avec très peu de vent. On subit encore la pétole sous Saint-Vincent, 4 heures de dérive lente entre 0,5 et 2 noeuds... Finalement, le vent revient vers le sud de l'île. On reprend un bon 4,5 noeuds de moyenne. La passe délicate sera l'entrée dans la baie d'Admiralty (Bequia), de nuit, suivie du mouillage à la voile (vu qu'on n'a plus d'huile de rechange pour faire tourner le moteur et que d'ailleurs on hésite à le faire tourner parce qu'on ne sait pas si le problème est plus grave), sans compter qu'il est 2h du matin et que la lune vient de se coucher. On arrive bien en face de l'entrée, heureusement, et on se dirige à petite vitesse vers l'extrémité Est de la baie, là où il y a les plages et peu de bateaux. Tout se passe à merveille, on vire de bord, on affale tout, et on arrive à mouiller par 5 mètres de fond, sans trop de bateaux autour de nous. Il est 3 heures du matin. On attendra une bonne heure de plus pour s'assurer que le mouillage avec les 2 ancres tient, et puis on ira au lit pour une petite nuit de 5 heures bien méritée.

Bon, d'accord, on aura pas dormi tout à fait 5 heures parce que le téléphone a sonné à 6 heures (on avait mis le réveil à 9). Il faut dire que c'est l'anniversaire de Tom aujourd'hui et que tout le monde doit essayer de le joindre ! Fixman nous dit au téléphone qu'il viendra vers 11 heures. On l'attend comme le messie, en piétinant. Quand il arrive, on lui explique la fuite dans le carter, et il nous conseille de l'enlever pour qu'il fasse la soudure à son atelier. Pour enlever les boulons inaccessibles, il nous prête ses outils mais comme il a un autre bateau à aller voir, on devra enlever le tout tous les deux sans lui. On y arrivera sans trop de peine, sauf que Tom doit se contorsionner derrière le bloc moteur pour enlever les boulons les plus récalcitrants. A 15 heures, le carter est démonté : effectivement, on voit la fuite, une fente sur le dessous là où il y a pas mal de rouille. Tom file à l'atelier de Fixman. Là, il assiste à un sketch intéressant : il y a deux clients dans le garage qui exigent que Robin s'occupe d'eux ici et maintenant. Il y en a même un qui le menace en lui rappelant que "c'est lui qui paye le plus, tout de même". Robin envoie tout le monde sur les roses, et quand vient le tour de Tom, pour la soudure, même couplet, sur un ton sec et ferme : "Impossible, ce sera demain". Tom est totalement décontenancé, il balbutie un "Really ?" déçu et incrédule. Et là, suprise de Fixman l'acteur, ce dernier lui lance en même temps un petit clin d'oeil à la dérobée. La soudure sera faite dans la demi-heure qui suit. On lui doit une fière chandelle, à Fixman.

16h35 : le carter est remonté : 24 boulons à la clé de 10. On en a des courbatures aux doigts et l'huile moteur a maculé notre plancher.

16h48 : Tom verse un bidon d'huile tout neuf. On croise les doigts pour que rien ne fuie.

16h50 : on démarre le moteur. Il part au quart de tour.

16h55 : le moteur tourne rond, pas de trace d'huile pour l'instant.

17h : on le laisse refroidir, on vérifie le niveau puis on le fait tourner une bonne heure pour être sûrs.

18h : si tout est OK, on reprend la direction de la Guadeloupe. Fanny devra se prendre une chambre à l'hôtel pour demain soir, car nous on n'arrivera au mieux que dimanche matin. Et si tout va bien, on n'aura râté notre invitée qu'une seule nuit !

A suivre...

NB : Tom a eu les messages sur l'Iridium (Cécile et Danielle), qui lui ont fait très plaisir, et il a adoré la vidéo ! Ça lui a presque collé la larme à l'œil, dites ! Il a encore les mains dans le cambouis alors je relais sa voix. Au fait, les racletteurs fous, c'est pas joli-joli de nous faire saliver avec votre bon fromage ! On se vengera en se photographiant devant une autre langouste, tiens ! (ça, c'est de moi, pas de Tom :)

10 Responses:

gerald a dit…

bon anniversaire TOM
tout rentre dans l'ordre
gros bisous
avril et gérald

Perrine a dit…

Bon anniversaire Tom et surtout bon démarrage de moteur!
il faut qu'il arrête de vous faire des plaisanteries celui là. Parce que même si Bequia c'est sympa et que la pétole n'entame pas votre moral d'acier... vous avez un programme à suivre quand même.
Good luck!!!
holy fixman!

Léa a dit…

Bon anniversaire Tom. Depuis le démontage du moteur, je ronge mes ongles d'anxiété. Depuis la fuite d'huile, je re-ronge mes ongles. J'espère que maintenant que vous êtes en route pour retrouver Fanny, mes ongles vont repousser.
Bravo à l'équipière qui maintient la liaison avec la Terre malgré les avanies. Kissous. Léa

Claire a dit…

Happy birthday Tom et plein de bonnes choses pour la suite du périple

c0rle0ne a dit…

Bon anniversaire Tom!!!!!!
Je croise les doigts pour que ce satané moteur cesse son cinéma!

biz à tous les 2! good luck!

gregalfan a dit…

joyeux anniversaire Tom

en cadeau
- un CAP de mécanicien marine
- une place chez Barnum en contorsionniste
- et et et le Gregal d'or 2009 !

mais surtout Eole sera gentil cette fos
bonne route

gregalfan

Anonyme a dit…

Avec un peu de retard, bon anniversaire à Tom ! Même si toutes vos péripéties ne sont pas forcement des cadeaux...

Pour les nouvelles, nous avons acheté et emmenagé dans une maison à Lansargues et un aggrandissement de la famille se profile.

Bon courage à vous

Florian a dit…

heu, ratage: Anonyme = Florian

Jean-Claude GRANIER a dit…

Moi qui pensait que la voile permettait d'éviter le camboui, je me rend compte qu'un voilier put poser les mêmes problèmes qu'une moto des années cinquante et l'exotisme laisse place au réalisme style "le salaire de la peur". Les caraïbes sont quand même en toîle de fond et vous me faîtes toujours rêver.

Marie-Bé a dit…

Hey man, bon anniversaire à toi Tom ! Ta nouvelle année personnelle commence bien non ? : jolie nana et vraie navigatrice, joli bateau avec moteur en état de marche, sympathique frangine véritable exploratrice et plein de bonheurs et découvertes à venir ! Profitez -en bien les jeunes ! Bises