14 avril 2009

Les Saintes : havre de paix

Nous avons quitté la Dominique dans un grain, fuyant un énorme cumulus noir qui nous arrivait des montagnes, et 25 milles plus tard, nous mouillions l'ancre dans l'Anse du Bourg, Terre de Haut. Fanny devient notre barreuse attitrée : il faut dire qu'elle a vite trouvé ses marques sur le vieux Grégal, elle qui a l'expérience d'avoir déjà skippé, dans d'autres temps,le bateau de son papa. A l'image de la Guadeloupe qui se compose de deux îles jointes, Grande Terre et Basse Terre, Les Saintes, petit archipel propret et coquet niché dans un écrin de vallons, ont un double visage. Au nord se découpe l'île de Terre-de-Haut, touristique et animée. En face, l'île de Terre-de-Bas, secrète et paisible, dévoile ses charmes à ceux qui affectionnent des ambiances plus intimistes.

Pour nous qui venons de vivre l'aventure au coeur de la forêt tropicale, Anse du Bourg constitue une étape relaxante. A l'image des petits ports de pêche que l'on voit en Méditerranée, le Bourg égrenne ses charmantes maisons aux toits rouges, ses placettes ombragées, ses boutiques d'artisanat et ses bistrots accueillants pour notre plus grand plaisir. Il fait bon redevenir touriste flaneur, de temps à autre. Il y a un certain nombre de bateaux au mouillage, venus profiter du climat agréable des Saintes pour ce weekend de Pâques qui sera pourtant, même ici aux Antilles, un tantinet pluvieux et gris. Eh oui, si le voyage nous refait, il ne refait pas le monde ! Lundi de Pâques, pieds dans les flaques. Qu'à cela ne tienne, nous avons un parapluie à bord du Grégal (Fanny n'en croit pas ses yeux). Alors que la pluie tombe dans la moite chaleur, nous mangeons bien, siestons beaucoup, et attendons l'accalmie du soir pour choisir un bistrot où déguster une bière fraîche, en regardant le soleil se coucher sur l'horizon en face de nous (car Pâques aux Antilles reste smart : le ciel se dégage tout de même pour le coucher de soleil). Nous rencontrons aussi la propriétaire d'une boutique insolite et colorée, qui a sa famille à Essaouira. Ravie d'entendre que nous y étions 4 mois plus tôt, elle nous donne l'adresse du magasin d'art qu'elle possède là-bas aussi. Et pour ne rien gâcher, je craque sur une lampe en bois sculpté (Fanny se propose de la ramener en avion).

Une jolie ballade dans Terre de Haut nous mènera, à travers des champs plantés de manguiers où paissent quelques chèvres, jusqu'à la petite plage de Pontpierre, à l'Est. Au milieu des palmiers, les locaux s'organisent une soirée de voisins sur fond de Claude François. On profite des derniers rayons de soleil pour une baignade tardive. Le lendemain, direction Terre de Bas, à moins de deux milles de là. Grégal trouvera refuge dans une toute petite anse au sud, l'Anse Fideling, où un seul autre voilier prend déjà le soleil. L'eau est claire dans des dominantes de turquoise à bleu profond, comme en Corse. Autour de nous, une vingtaine de barques de pêcheurs. Ici la vie sous-marine est riche, nos excursions en PMT nous permettront en autre d'apercevoir une superbe raie léopard de plus d'un mètre vingt d'envergure, qui semblait avoir élu domicile ici. Petite promenade sur les hauteurs, traversée d'un bourd minuscule, où un Breton tient le seul bar-restaurant du quartier. Il nous dit qu'il est heureux ici, et on le comprend. Le soir, pas un bruit. Seules quelques frégates ont encore l'énergie de tournoyer au-dessus des bancs de poissons. Demain, il faudra reprendre le chemin de Pointe à Pitre. En attendant, on se laisse envahir par la paix des lieux alors que le soleil rougeoit derrière les collines.

7 Responses:

Léa a dit…

"Un p'tit coin d'Paradis sous un coin d'parapluie ....... j'imagine que Fanny a les yeux larges comme des soucoupes devant tant de beauté et de diversité de paysages. Quand aux vieux baroudeurs, ils promènent un regard blasé alentours ? Kissous. Léa

c0rle0ne a dit…

dommage que vous n'ayez pas un caisson pour prendre des photos sous marine, j'aurai bien aimé la voir cette raie :)
biz

Perrine a dit…

mouai, c'est vrai que c'est bien un parapluie, mais quand même! ... une camera sous-marine ça aurait pu être sympa. Vous nous auriez fait un petit reportage avec un commentaire haché de prises de respiration à la nico hulot ça aurait été plus parlant...;) parce que la raie, je vois à peu près... la raie léopard, je vois un peu moins.... et la raie léopard d'1,20m je n'ose même plus imaginer!!!
bon PMT les pirates!

gerald a dit…

et le rayon vert dans tout ça??
mais ne perdaient quand même pas trois dixièmes à chaque oeil
bisous
gerald

njoub a dit…

Gigi tu manges pas ?
C'est vachement bon c'est de la raie !

Quoi j'ai dit une connerie ?

hihi

bon ben je constate que ça devient de plus en plus dur cette aventure... :)

Vous me donnez envie d'aller visiter ces îles, alors qu'à la base c'est pas mon truc !

C'est dire si votre blog est bon !

bizz

a bientôt !

c a dit…

Le plan de la raie léopard, j'avoue...je craque d'envie de voir!!!Ca doit être sublimement beau!
Et bravo pour le talent de la narratrice car on sent d'ici cette ambiance légère et tranquille qu'on vit aux Saintes. Ca fait trop plaisir de vous lire à nouveau, ça manquait...presque l'impression d'être sous perf!
Bonne suite
Biz

Marie-Bé a dit…

Ben ça alors...Il fait pluie aussi dans les Antilles à Pâques ? Moi qui me disait que j'en connaissais au moins 3 au soleil...voilà qui est loupé...
C'est amusant cet endroit, cela fait penser à la Corse comme le soulignait Aude, mais ce doit être plus calme..
Par contre, je ne comprends pas trop forts comme vous êtes, que vous n'ayez même pas pensé à photographier la "raie de la jungle" pour nous pauvres ignorants que nous sommes !!!
Ce sera pour une prochaine fois ? D'accord, bises à vous 3