10 mai 2009

Saint-Martin : dernière escale Antillaise

Saint-Martin est surnommée "le petit Hong-Kong des Antilles", en raison de son statut de port franc. En effet, c'est, avec Saint-Barth toute proche (moins de 10 milles), la destination rêvée pour un tourisme de consommation, de luxe et de vie la nuit. Saint-Martin est le plus petit territoire au monde a être partagé entre deux états. En effet, l'île est française, au nord, et hollandaise, au sud (Sint Maarten). En s'approchant en bateau dans la baie de Marigot (côté français), on aperçoit des petites constructions aux toits rouges, bordées de palmiers, sur fond de collines verdoyantes, un peu comme aux Saintes en Guadeloupe. A terre, la place du marché est assez jolie, avec son petit kiosque au centre et ses préauts en tuiles rouges. Il y a une rue principale, qui s'étire le long du bord de mer. On y trouve toutes les plus grandes boutiques représentatives du chic français : créateurs de mode, bijoutiers, parfumeurs. Elle mène vers l'ancienne marina de la ville, entourée de beaucoup de restaurants. A priori, il y aurait pléthore de night clubs autour du petit centre ville mais nous n'y avons pas mis les pieds, ce qui n'est à mon avis pas le cas des nombreux jeunes jet-setters qui se promènent dans le coin. Saint-Martin, qui a un statut de port franc, fait tout pour attirer l'argent. Ici, le roi, c'est le dollar (et les touristes américains qui vont avec). D'ailleurs, les magasins affichent ouvertement une double tarification en euros et en dollars, et, si certains proposent un taux de change, beaucoup ne s'embarrassent pas avec les calculs et pratiquent la politique du 1 euro = 1 dollar. Évidemment, quand on a vu ça, on s'empresse d'aller retirer des dollars au plus vite, pendant que le taux de change nous est encore favorable. Saint-Martin est aussi bien pourvue en magasins dits "Duty Free". On peut y marchander, auprès de vendeurs essentiellement chinois ou indiens, des appareils hi-fi dernier cri, de l'électroménager, des lunettes de marque, ou des bijoux. Nous avons par hasard parcouru le quartier des écoles et des lycées. Ici, les établissements ont opté pour le même code vestimentaire qu'en Guadeloupe ou en Martinique : les élèves portent tous un t-shirt de même couleur en haut et un jean en bas (ou quelque chose en jean). Les couleurs des t-shirts changent avec les niveaux des classes. C'est la version décontractée de l'uniforme anglo-saxon. Le plus étonnant, quand on déambule au milieu des écoliers et collégiens, c'est qu'on les entend parler anglais. Ce "broken english" créolisé caractéristique des antilles anglophones. Ici, à Saint-Martin, si les commerçants et restaurateurs de la rue principale parlent français, le reste de la population parle anglais. A priori, cela est dû au passé historique de l'île. Jusqu'à l'abolition de l'esclavage, Saint-Martin était une plaque tournante pour envoyer les esclaves dans les différentes îles caribéennes. Avec l'abolition de l'esclavage, les colons français sont presque tous rentrés au pays. De fait, la langue d'expression courante est devenue l'anglais.
Nous avons, par curiosité, voulu aussi visiter le côté hollandais. Là-bas, la consomania est encore plus ostentatoire. Phillipsburg, la capitale, est coincée sur une bande de sable entre mer et étangs, ce qui ne l'empêche pas de regorger de magasins détaxés, de bijouteries de luxe ou de détaillants d'alcools et liqueurs et tous genre. Les indiens une fois de plus règnent en maîtres sur les boutiques de luxe, impeccablement habillés de costumes chics et de chemises immaculées. S'ils vous trouvent intéressé par l'un de leurs articles, ils n'hésitent pas à faire baisser les prix avant que vous n'ayez ouvert la bouche : de vrais pros. Dans la rue où raisonne un brouhaha assourdissant de musique techno ou de pop édulcorée, les touristes se promènent avec des sodas à la main et des sacs pleins les bras. C'est à se demander s'ils sont venus pour la plage ou pour les magasins.

Bien au calme au mouillage (ou presque, parce que le roulis provoqué par l'incessant ballet des bateaux à moteurs est relativement désagréable), Grégal attend patiemment que l'on ait fini tous nos préparatifs pour la traversée retour. Depuis que nous sommes arrivés, nous avons déjà pu faire les 3/4 de notre avitaillement (dans de grands hypermarchés incroyablement bien fournis en produits français de toute sorte : on se croirait chez Carrefour - aller voir notamment US Import, derrière le chenal d'entrée dans la marina de Port La Royale, où se trouvent en autres Budget Marine et une laverie : on peut laisser son annexe au ponton, s'armer d'un caddie et partir pour un gros plein de courses).

Nous avons aussi investi, principe de précaution oblige, dans un tout nouveau pilote automatique. C'est la version améliorée toute récente de notre vieux Raymarine ST 4000. Le principe est le même, un vérin, un compas, mais cette fois est incorporé un calculateur avec giroscope intégré. Tom a mis moins d'une demi journée à installer ce fameux "Raymarine Smart Pilot X-5 Tiller". Ensuite, hi-tech oblige, pour configurer l'engin, il a fallu aller le calibrer en mer. Toutes sortes d'exercices (comme faire des ronds dans l'eau à moins de deux noeuds pour calculer la déviation du compas) ont été nécessaires pour parvenir aux réglages optimums. Il y a même une séance dite "d'auto-learn" où le pilote effectue tranquillement tout seul une quinzaine d'étapes de tests. Nous avons ensuite pu tester le tout sous voile : le résultat est prometteur ! Le pilote est sensible et amortit très bien les effets de vagues ou départs au lof, tout ça dans un ronronnement à peine perceptible : le top ! Ce qu'il y a de bien à Saint-Martin, c'est que ça vaut aussi le coup pour acheter du matériel électronique ou de l'équipement de base auprès des shipchandlers. Non seulement on ne paye pas la TVA, mais en plus on bénéficie de promos obscures dues aux effets de marge plus aisés. Ainsi, notre X-5 Tiller bénéficiait d'une remise de - 20%. Il nous est revenu à 815 euros au total, ce qui est très raisonnable comparé aux tarifs de France pour le même appareil.
Aujourd'hui nous avons fait une mission "grande lessive" + gaz. A notre grand damn, il n'y a qu'un seul magasin qui propose la consigne et l'échange des bouteilles Campingaz petits modèles. Il s'agit du magasin de bricolage "Home and Tools", à la sortie de la ville (10 minutes à pieds) direction Phillipsburg. Monopole oblige, leurs tarifs sont exhorbitants : 24 euros la recharge. Donc astuce : il vaut mieux changer ses bouteilles avant, là où c'est peu cher (genre Bequia où c'était moins de 15 euros).

Et puis, nous attendons le créneau météo favorable. Celui qui nous évitera un vent de Nord-Est bien dans le nez pour remonter vers les Bermudes. Manque de pot, après une semaine de Sud-Est (quand nous étions à Antigua), le vent à tourné Nord-Est. A priori, ça va durer encore quelques jours, mais on n'est pas non plus trop pressés. Le bon créneau pour traverser continue encore jusqu'à fin mai. Et puis, on attend des nouvelles de Gérard de Betty Boop, pour savoir s'il arrive bientôt de la JamaÏque. Nous avons aussi recroisé - incroyable ! - Daniel l'Argentin et le skipper du bateau Onyx. Partis de Guadeloupe, après trois jours de navigation vers les Açores, ils ont eu une voie d'eau, et se sont repliés sur Saint-Martin. Nous avons aussi revu la petite famille du catamaran Téoula avec qui nous avions passé le réveillon de Noël à la Barbade. Nous attendons donc patiemment le bon moment, bien certains que tout vient à point à qui sait attendre.

3 Responses:

Gene a dit…

Salut les aventuriers !

J'ai été malade, d'où mon silence, mais mainteneant ça va.
...Photos superbes, bien choisies et hautes en couleur, texte fluide digne d'un grand écrivain et très instructif : ceux qui n'ont guère voyagé comme moi, en auront appris des choses, grâce à vous ! ça donne l'impression de voyager un peu à votre place!
Je suis contente aussi que vous ayez pû changer votre pilote automatique, ça rassure...
Je vais voir le message plus récent,
Je vous embrasse très fort tous les deux,
Gène /Maman

Aude a dit…

Salut Maman !

Merci pour tes messages ! J'espère que tu as la forme maintenant. On est à Saint Martin et on s'apprête à décoller. On vise les Bermudes au cas où ça soit pas favorable pour continuer sur les Açores. Sinon, on a la pêche, et il fait beau. J'ai fait le plein d'oranges, de pamplemousses, de citrons verts, de compotes et de légumes frais. Pas de soucis, on fera notre petite revue quotidienne avec l'iridium de toutes façons ! Plein de bisous !

Marie-Bé a dit…

MMMHHH ! La préparation est à son comble...voyons où vous en êtes dans votre message suivant !!