5 juillet 2009

Transat retour Açores - Gibraltar : J+7

Nous voilà en mer depuis une semaine ! A l'approche du détroit de Gibraltar, comme prévu, nous avons été accueillis hier soir par un vent de Nord-Nord-Ouest fraîchissant tellement qu'il a fallu prendre en toute hâte le 2e puis le 3e ris avant le coucher du soleil. Sage décision du Capitaine, une fois de plus, puisque dans la nuit ça a soufflé très fort avec de violentes rafales. Pas du tout prévu par la météo des gribs, ce coup de chien. Encore un coup des "Alizés Portugais" ou de la compression vexée des vents sur les côtes ? Ou bien tout simplement s'agissait-il du comité d'accueil spécial du Cabo de Sao Vicente, premier bout de terre (portugais) du Vieux Continent qui s'avance à la rencontre des traversiers de l'Atlantique et qu'on a longé à moins de 45 milles ?

Grégal-le-Magnifique, en tout cas, avec sa petite grand voile accordéonnée et son minuscule triangle de génois à l'avant sautait quand même sur les vagues - qui nous arrivent en plein travers, toujours agréable lorsqu'on met les pieds dans le cockpit pour border une écoute ou enrouler un peu de génois et qu'on se fait saler de haut en bas - entre 5.5 et 6.5 nœuds. On se demande toujours comment il fait pour avancer si bien avec si peu de toile : Tom m'a fait remarquer très à propos que le mouchoir de poche à l'avant était à peine plus grand que la voile d'une planche à voile ! Et encore, de funboard, cela va sans dire. La contrepartie amère fut comme toujours l'inconfort à bord et la crainte ininterrompue d'un départ au lof non maîtrisé par le pilote. Fatigue et quarts laborieux... On récupère aussi en journée... Décidément, l'énergie manque, l'énergie manque pour cette dernière ligne droite !

Gibraltar n'est plus qu'à 96 milles ! Les cargos se font de plus en plus nombreux et la VHF nous gratifie à présent d'une bouillie ininterrompue de bribes d'appels radio en toutes les langues, qui à destination de l'Espagne, qui d'une marina portugaise, qui de la tour de contrôle du Channel, qui de la Marine Royale Marocaine. Et on continue bien sûr d'avoir sur le 16 (c'est du propre) les blagues en russe (ou en lituanien ou en ouzbèque ?) des petits malins qui chantent (faux), qui sifflotent ou qui nous font profiter des riffs de gratte électrique très 70's qu'ils se passent en bruit de fond.

Sur la carte marine, les côtes commencent à se dessiner avec plus de détails et apparaissent alors des noms qui font rêver : Fès, Tanger, Cadiz, Séville... Tant de lieux magiques que frôlera notre étrave ! Mais le timing est serré, pas le temps de s'arrêter. Si comme prévu le Ponente (vent d'Ouest) continue de souffler dans le Détroit, on s'arrête pas, on trace tout droit direction les Baléares, et on s'offre une courte halte (méritée) à la marina de Formentera ou d'Ibiza. De là, il ne nous restera plus de 300 milles à parcourir pour rejoindre Gruissan. Dieu qu'on en aura bouffé, des milles, depuis Saint Martin ! On n 'a pas de loch pour le dire précisément mais là ça fait pas loin des 3500. Soit 6300 km. Et le tout avec moins de 200 litres de gasoil et aux énergies renouvelables (soleil et vent) pour l'électricité du bord. Le développement durable, nous, on est en plein dedans. On voudrait juste que ça dure justement un peu plus...

NB1 : Une avalanche de pensées et de bisous pour ma grande sœur qui est en convalescence au lit après une lourde opération du dos : Vivi, on pense à toi tous les jours et on espère que ça va mieux au fur et à mesure. On a eu ton message iridium hier : je vois que votre connexion web remarche ! J'espère que Nico a masterisé le rehaussage de l'aménagement intérieur. Sois forte, on t'embrasse fort.

NB 2 : Mick et Gum, si vous nous lisez, on ne pourra malheureusement pas être là à temps pour vos anniversaires ! Comme toujours, on loupe les évènements parce qu'on est en vadrouille ! On sera quand même avec vous par la pensée pour la fête !

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Tom : On ne s'y attendait pas à celle là ! :)  Nom d'un chien qu'il est mauvais ce passage ! Sur une 50aine de milles du Sud-Ouest au Sud-Est du cap de Sao Vincente il faut s'attendre à se faire allumer mais alors correctement ! Le grib annonçait 21 nœuds, la bonne blague... 3 ris et un bout de toile à l'avant, on avançait à 6.5 nœuds de moyenne jusqu'à ce que ça devienne incontrôlable avec 1 vague sur 2 qui venait s'écraser sur la coque pour ensuite s'envoler à la verticale et finir sa course à l'horizontale dans les voiles. En abattant d'une 30aine de degrés, on se faisait encore chahuter dans tous les sens, mais un peu moins. Du coup, on a continué d'avancer en descendant vers le Sud. Cet aprèm, on file les voiles en ciseaux / génois tangonné à près de 7 nœuds de moyenne avec de superbes surfs. Soleil et température en constante augmentation.

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Position à 17h35 (UT) : 35°59,7241 N - 007°16,9868 W
Cap Fond: 121° Magnétique
Vitesse: 6.8 nœuds
Distance parcourue dans les dernières 24h : 126 nm



5 Responses:

c0rle0ne a dit…

Allez courage! je sais pas si c'est du courage ou de la motivation qu'il vous faut en faite :)
profitez bien des baléares en tous cas :)

biz! on pense à vous!

Mick a dit…

Courage courage pour cette dernière ligne droite.
En tout cas ça a vraiment l'air de dépoter l'arrivée à Gibraltar, j'espère que vous nous préparez quelques vidéos ;)

Domage que vous ne puissiez être pour nos annis, nous aussi on pensera bien a vous. Et puis si jamais Grégale s'envole et décide de vous amenez en Savoie, vous serez les bienvenus :)

njoub a dit…

Profitez bien de ces derniers moments de nav ! Même si effectivement l'envie d'arriver doit se faire ressentir.
La chaleur pesante qui vous attend ici va vous donner illico l'envie de larguer les amarres de nouveau.

Bises !

Anonyme a dit…

Bon retour, faites attention à vous dans le trafic de cargos, et félicitations pour ce grand tour, que je suis via votre blog depuis seulement un mois!
Xav

Aude a dit…

Des cargos on en a eu, en veux-tu en voilà ! Heureusement, on les a évité en slalomant et tout s'est bien passé ! Mais quel traffic dans Gibraltar !